MALGRE LA SUSPENSION DU GAUCHO
LA PRODUCTION DE MIEL DE TOURNESOL ACCUSE UNE NOUVELLE BAISSE

Cette année encore, la production de miel de tournesol est bien inférieure à la moyenne. Les apiculteurs suspectent la rémanence du Gaucho. La récolte de miel de tournesol vient de commencer et le premiers bilans sont assez catastrophiques. "C'est encore pire que l'an passé, constate Philippe Vermandere, apiculteur en Vendée. En 1955, notre production atteignait 75 kg par ruche. Cette année, nous craignons de ne pas dépasser 20 kg."
Une nouvelle fois, les apiculteurs ont pu constater une dépopulation massive de ruches, qui cette année semble atteindre de nouvelles régions comme le Lauragais. L'intoxication des abeilles est réelle : son explication paraît moins évidente. "Pour moi, le Gaucho est responsable, indique Franck Aletru de la F.D.S.E.A. de Vendée. Certes, il a été suspendu dernièrement sur le tournesol mais nous pensons que ce produit est très rémanent dans les sols. Ainsi, les tournesols semés derrière une culture pour laquelle le produit est toujours autorisé (maïs, blé...) posent problème. Nous réitérons notre souhait de l'an passé : voir le retrait du Gaucho sur toutes les cultures."
De son côté, Bayer poursuit les recherches complémentaires souhaitées en janvier dernier par le ministère de l'Agriculture et, notamment, sur la durée de persistance dans le sol de la molécule (l'imidaclopride); "Nous devrions les avoir terminées fin septembre, souligne Gérard Eyries, directeur du marketing. Nous les transmettrons ensuite à la commission des toxiques qui tranchera. Mais pour nous, la piste sanitaire (parasite dans la ruche) reste la plus probable. Il convient de rappeler que ce phénomène de dépopulation est connu depuis très longtemps, bien avant l'arrivée du Gaucho."
Alors que chez Bayer, on se veut serein, la pression semble monter dans le camp des apiculteurs. Ces derniers souhaiteraient d'ailleurs que des aides financières d'urgence soient débloquées car la longévité de certaines exploitations semble menacée.Anne Gilet

Article issu de L'Abeille de France, N°863 - OCTOBRE 2000

Remarque personnelle :
A ce jour, j'ai perdu une quinzaine de ruches en quelques semaines. Les essaims étaient de souches pures; la piste sanitaire me semble donc ridicule. Il est urgent de trouver une solution à ce problème.